Poème du jour 2
Feuilletant une anthologie, me voilà face à ce poème :
Sensations
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, -heureux comme avec un femme.
Arthur Rimbaud
Sublime.
Me voilà tout émerveillée face à cette beauté sans pareil. Et dire qu'Arthur, l'homme aux semelles de vent, n'avait que 16 ans lorsqu'il a écrit ce chef-d'oeuvre.
Invitation à l'errance, au carpe diem, aux plaisirs simples.
Comment ne pas rêver d'évasion, de liberté, à la lecture de ces vers ?
Parrallèlement, Arthur Rimbaud nous invite à errer parmi le langage, à dépasser le connu pour trouver l'inconnu, dépassant l'expression des sentiments et la description du monde pour enfin découvrir la nature originelle du verbe ... Alors rêvons ....