Gaspard de la nuit (lecture 3)

Publié le par malikace

Je viens juste de finir la lecture du fameux

Gaspard de la nuit d'Aloysuis Bertrand.

 Le titre à lui seul m'enchante. Et j'ai pris un plaisir infini à lire ce recueil en flanant dans ses pages ... comme dans un labyrinthe envoutant. Pour ne pas déflorer l'oeuvre de celui que Charles Baudelaire considérait comme l'inventeur du poème en prose, je me contenterai de citer ici le poème qui m'a le plus charmée.

ONDINE

....... Je croyais entendre

Une vague harmonie enchanter mon sommeil,

Et près de moi s'épandre un murmure pareil

Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

CH. BRUGNOT, "les deux génies"

_ << Ecoute ! _ Ecoute ! _ C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici en robe de moire, la dame chatelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.>> Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, a fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

>> Ecoute ! _ Ecoute ! _ Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes soeurs caressent de leurs bras d'écumes les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne !>>

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus. "

J'apprécie ce poème.

                                    Points de suspensions débutant la citation, comme le silence de la nuit première.               

                                    Appel de l'Ondine qui réclame doublement notre attention .... Mais si nous prêtons l'oreille, nous voilà emportés dans un monde merveilleux et aquatiquement féérique.

Ô si belle naïade, changeante comme le cours des ruisseaux.

Et comment ne pas penser à la pièce de Giroudoux "Ondine" où le mariage proposé par Aloysius Bertrand a enfin lieu, et où l'inconstance n'a rien d'aquatique.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ondine de notre imaginaire n'a plus grand chose

à voir avec la sirène antique, cruelle et ailée,

dévoreuse de marin et envoutante comme le serpent.

Ah, relire l'épisode d'Ulysse

qui a pu entendre

le chant des sirènes sans périe.

Et par association d'idées, relire Loreley d'Apollinaire.

Et pourquoi ne pas relire La petite sirène d'Andersen,

 et non la version édulcorée et insipide

mise en dessin animé par walt Disney.

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Publié dans carnets de lectures

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