cahiers anciens 3 : poème nocturne
Croisade
La nuit a éveillé un songe étranger,
Empreinte de brumes et de forêts profondes.
La lune s'émerveille sur un berger
Endormi. Et frémit doucement l'onde.
Les arbres aux cimes hautes comme les tours
Hululent les épopées et les croisades
Aux preux cheveliers, sans espoirs de retour,
Et qui pillent les villages en myriades.
Les femmes sont belles, et dansent le désir.
Le vin coule à flot. Les instincts cachés s'étirent.
Les rires éclatent en coups d'épée flambants.
Et la terre promise - où le vent erre-
Livre ses flancs dévêtus dans le désert
A l'immense coulée blanche de sang.
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